Numéro 17 - 18 octobre 2013


Le gouvernement du Québec présente sa
« Politique économique - Priorité Emploi »

Nécessité d'une nouvelle
direction pour l'économie  

- Pierre Chénier -

Le 7 octobre dernier, la première ministre Pauline Marois, accompagnée du ministre des Finances et de l'économie Nicolas Marceau, a présenté la « Politique économique: Priorité Emploi — Investir dans l'emploi c'est investir dans le Québec » de son gouvernement. La politique économique se présente comme un plan immédiat de création d'emplois à l'échelle du Québec accompagné d'un autre plan, à plus long terme, pour investir dans la recherche et l'innovation, rendre les entreprises québécoises plus performantes et plus exportatrices et électrifier les transports. On y affirme que le plan va créer 43 000 emplois d'ici 2017 (et qu'au total 115 000 nouveaux emplois seront créés au cours des trois prochaines années), qu'il va amener 7,6 milliards $ d'investissements d'ici 2017 et ajouter, pour la même période, 3 milliards $ par année au PIB du Québec.

Malgré toutes les prétentions à propos du «long terme» et du renforcement de l'économie québécoise, le gouvernement nous présente un autre grand stratagème pour payer les riches. Le seul élément concret et certain de la politique économique est qu'elle va utiliser les « surplus » d'électricité pour essayer d'attirer les investisseurs privés en leur offrant de l'électricité à tarif réduit et qu'elle va verser 2 milliards $ en fonds publics d'ici 2017 aux entreprises privées et à des projets d'infrastructure publique. En ce qui concerne les investissements en infrastructure, une partie concerne le Nord du Québec et la logique présentée est que ces investissements seront faits pour préparer le nord québécois à une reprise des marchés et des investissements des monopoles miniers, qui se sont taris récemment avec ce que le document appelle le ralentissement économique mondial. En lisant le document de plus de 150 pages qui détaille la politique, il appert qu'aucune condition ne sera posée à ceux qui viendront investir et recevront les subsides en terme de création ou de maintien d'emplois. Et ce alors que le gouvernement vient d'autoriser dans son budget une hausse importante des tarifs d'électricité en dégelant les tarifs du bloc patrimonial, une hausse à laquelle s'ajoutera celle demandée par Hydro-Québec pour avril 2014.

Or, comment cela va-t-il contribuer à développer une économie qui répond aux besoins de la population, qui se développe dans toutes les régions et qui construit les industries et structures qui nous permettront d'assumer notre destin en tant que peuple ? L'application de ces politiques néolibérales depuis plus de vingt ans a-t-elle résolu un seul des problèmes fondamentaux de l'économie québécoise, comme le chômage, l'appauvrissement des pauvres avec l'enrichissement des riches, le contrôle de nos ressources naturelles qui nous échappe de plus en plus au profit des monopoles mondiaux? A-t-elle résolu le problème de la détérioration des programmes sociaux, la baisse des conditions de travail et des salaires dans le secteur manufacturier, l'abandon des régions, la pollution de l'environnement, la pression énorme sur les pensions, si ce n'est carrément le vol des pensions par des manoeuvres légales par les grandes sociétés? Non. Il y a une alternative même si l'impression est créée qu'il n'y en a pas.

Il faut une nouvelle direction pour l'économie du Québec, une direction prosociale qui dans un premier temps arrête l'offensive antisociale. Il faut arrêter de payer les riches et augmenter les investissements dans les programmes sociaux. Remettre tous ces argents dans les mains des monopoles qui agissent selon leur intérêt privé, c'est ne pas regarder la réalité en face et chercher à éviter la décision qu'on a à prendre, celle de s'atteler à construire une économie prosociale au Québec.

Le gouvernement affirme lui-même dans son document que le contexte économique est très volatile et que les investissements privés ne viennent pas, que cela cause des problèmes à l'économie. Pourtant, il propose dans un même souffle de se départir d'une portion encore plus grande de la richesse sociale pour la mettre à la disposition des monopoles pour les attirer au Québec. Pourquoi ne pas prendre acte de cette volatilité pour entreprendre la construction de l'entreprise publique dans la production industrielle et faire en sorte qu'elle serve les besoins de la population? Pourquoi ne pas envisager les moyens qui permettraient de la prémunir autant que possible des crises économiques. Si le Québec est assis sur d'énormes surplus en électricité, pourquoi ne pas abaisser les tarifs pour la population au lieu de les augmenter comme cela se fait en ce moment et pourquoi ne pas s'en servir pour développer des projets économiques qui servent les besoins de la population et qui permettent à l'économie québécoise de suffire à ses besoins?

Les travailleurs et le peuple ont besoin d'une politique économique qui les sert et va dans le sens de résoudre les problèmes de l'économie.





Site web:  www.pmlq.qc.ca   Courriel: bureau@pmlq.qc.ca


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