Numéro 43 - 5 décembre 2013



Actualités

12 jours d'action pour l'élimination
de la violence envers les femmes

Des groupes de femmes au Québec organisent la campagne « 12 jours d'action pour l'élimination de la violence envers les femmes » qui cette année a pour thème : « Les femmes sont toujours victimes de violence parce qu'elles sont des femmes. Nier les inégalités met les femmes en danger ! » Débutée le 25 novembre, la campagne se termine le 6 décembre par un rassemblement public devant le Palais de Justice de Montréal à 12 h 30, afin de commémorer le souvenir des 14 victimes de la tuerie de la Polytechnique de 1989.


Rassemblement public à Montréal
  
En souvenir des victimes
de la tuerie de l'École Polytechnique

Le 6 décembre à 12 h 30
Devant le Palais de Justice de Montréal

La rue, la nuit, femmes sans peur

Dans le cadre des actions des femmes et de leurs alliés pour affirmer leur droit à vivre dans une société exempte de violence, elles organisent depuis plusieurs années la marche « À nous la nuit / La rue, la nuit, femmes sans peur ». Cette année, des marches ont eu lieu dans plusieurs villes du Québec en septembre et novembre, dont Gatineau, Québec, Sherbrooke, Baie-Comeau et Montréal. À Montréal il y a eu une marche pour reprendre l'espace public le 20 novembre suivie d'une soirée sociale au Resto Plateau et une autre le 22 novembre.

La question de vivre sans violence et de marcher sans peur le jour comme la nuit dans les lieux où on travaille, étudie et vaque à nos activités est très importante pour une société qui se dit moderne. Les femmes, qui sont les premières victimes des agressions, sont au premier rang de cette lutte quotidienne pour qu'elles et leurs enfants puissent se rendre du point A au point B sans craindre d'être victime d'une agression.



À Baie-Comeau le 20 septembre 2013



Gatineau et Ottawa

Manifestation pour exiger des mesures concrètes pour le plein exercice du droit au logement

Près de cinq cent personnes provenant de plusieurs régions du Québec ont bravé la tempête et manifesté le 27 novembre à Ottawa pour exiger des mesures concrètes pour le plein exercice du droit au logement. Ils demandent au gouvernement conservateur d'annoncer sans plus tarder la poursuite des subventions qu'il verse depuis des décennies aux Habitations à loyer modique (HLM), ainsi qu'à la majorité des coopératives d'habitation et des logements gérés par des Organismes sans but lucratif du Canada.

Pour s'assurer que les revendications soient bien entendues, l'action s'est déroulée à Gatineau et Ottawa. On a débuté devant la coopérative Reboule de Gatineau, qui sera prochainement privée de subventions fédérales. Comme l'a souligné l'un des résidents de la coopérative, la fin des subventions signifie que son loyer risque de passer de 150 $ à 500 $ par mois. Puis, le contingent a emprunté les rues de Gatineau salué par les gens du quartier qui, malgré le froid, sont sortis sur leur balcon pour le saluer.

Puis les manifestants se sont déplacés à Ottawa pour faire retentir leurs slogans dans les rues du centre-ville. « La situation des mal-logés et des sans-abri est beaucoup trop grave pour laisser Stephen Harper abandonner le logement social, en mettant fin aux subventions à long terme qu'il accorde encore à près de 600 000 logements sociaux existants au Canada, dont 127 000 au Québec et 227 000 en Ontario. » C'est en ces termes que François Saillant, coordonnateur du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), a interpellé le premier ministre lors de la manifestation qui s'est terminée devant ses bureaux de l'Édifice Langevin, à Ottawa. Des tentes rouges illustrant l'urgence des problèmes de logement et d'itinérance y ont été également déployées.

Les activistes du FRAPRU demandent aussi à Ottawa de changer radicalement de cap, en majorant plutôt ses budgets en habitation pour pouvoir venir en aide à un plus grand nombre de familles et de personnes. Ces revendications sont partagées par plusieurs autres groupes du reste du Canada, membres d'une toute nouvelle Coalition canadienne pour le droit au logement. D'autres actions ont eu lieu à ce sujet depuis le 22 novembre à Toronto, Winnipeg et Vancouver.

Les données publiées récemment par Statistique Canada à partir de l'Enquête nationale auprès des ménages, menée en 2011, montrent une grave détérioration de la situation du logement. Ainsi, le nombre de ménages locataires canadiens consacrant plus de la moitié de leur revenu pour se loger se chiffre maintenant à 774 000, une augmentation de 11 % par rapport à 2006. Parmi ces ménages, 228 000 résident au Québec et 274 000 en Ontario. La situation est tout aussi désastreuse dans la région de la capitale canadienne, 21 970 ménages locataires engloutissant plus de la moitié de leur revenu en loyer à Ottawa et 7700 à Gatineau. Il s'agit, dans ce dernier cas, d'un accroissement de 29 % par rapport à la situation de 2006.

Une évaluation très conservatrice, publiée plus tôt cette année, établissait par ailleurs à 200 000 le nombre de personnes se retrouvant en situation d'itinérance à un moment ou à un autre au cours d'une année.

En se basant sur les chiffres mêmes de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), le FRAPRU affirme que le nombre de logements subventionnés par le gouvernement fédéral a déjà diminué de 34 000 depuis l'arrivée au pouvoir de Stephen Harper en 2006 et qu'il baissera à nouveau de 104 000 d'ici 2017. Quelque 39 000 logements seront touchés dès 2014 et 2015.

L'organisme considère qu'il y a urgence d'agir avant que la situation devienne irréversible. Il rappelle que les subventions fédérales servent pour l'essentiel à venir en aide aux locataires à très faible revenu des logements sociaux. Leur perte se soldera par des hausses de loyer majeures. Les logements, qui ont été subventionnés pendant des décennies, deviendront du même coup beaucoup moins accessibles financièrement pour les ménages qui en auront besoin à l'avenir. Dans le pire des scénarios, la perte des subventions pourra aussi ouvrir la porte à la privatisation d'une partie des logements.

Selon le FRAPRU, ce désengagement d'Ottawa envers les logements sociaux existants serait d'autant plus scandaleux que le gouvernement conservateur ne consacre présentement que des miettes à la construction et à la rénovation de nouveaux logements. Le budget présenté le 21 mars dernier par le ministre des Finances, Jim Flaherty, a confirmé que, d'ici le 31 mars 2018, à peine 253 millions $ seront octroyés par an à cette fin à l'ensemble des provinces et des territoires du Canada. Pour un, le Québec ne recevra, au cours des cinq prochaines années, que 58 millions $ par année du fédéral pour tous ses programmes d'aide au logement, qu'il s'agisse de la construction de nouveaux logements sociaux, d'allocation-logement, de rénovation domiciliaire et d'adaptation de domicile. Le FRAPRU, qui qualifie ces sommes de « peanuts », réclame une augmentation très sérieuse des investissements fédéraux.


Manifestation à Gatineau (à gauche) en direction du parlement à Ottawa (à droite) le 27 novembre.



Le recours aux banques alimentaires atteint
presque des niveaux records

Selon le rapport Bilan Faim 2013 publié par Banques alimentaires Canada, le recours aux banques alimentaires atteint presque des niveaux records et ce, des années après la fin de la récession. En fait, il est plus élevé qu'en 2008, avant le début de la récession, soit 23 %. En mars 2013, 833 098 personnes ont eu recours à une banque alimentaire au Canada, plus du tiers de ces personnes étant des enfants.

Les personnes qui se tournent vers les banques alimentaires, mentionne le rapport, viennent de milieux divers et souvent surprenants. Voici quelques chiffres :

• 12 % des ménages qui demandent de l'aide ont actuellement un emploi, tandis qu'un autre 5 % avaient un emploi récemment.

• 50 % sont des familles avec des enfants, et près de la moitié de ces familles comptent deux parents.

• La moitié des ménages qui reçoivent de la nourriture déclarent que l'aide sociale est leur principale source de revenu.

• 16 % des ménages qui reçoivent de l'aide vivent principalement d'un soutien de revenu lié à une invalidité.

• 7 % des personnes qui reçoivent de l'aide d'une banque alimentaire dépendent principalement d'un revenu de retraite (chiffres qui augmentent à 15 % dans les localités et les régions rurales).

• 7 % des ménages qui reçoivent de l'aide sont propriétaires de leur domicile (chiffre qui augmente à 15 % dans les petites localités et les régions rurales).

Selon Banque alimentaire Canada, le problème auquel remédient les banques alimentaires n'a jamais été aussi grave et n'a jamais duré aussi longtemps qu'en ce moment. Pendant une grande partie des 15 dernières années, le nombre de personnes desservies par les banques alimentaires n'a pas baissé en dessous de 700 000 personnes par mois. Au Canada, quatre millions de personnes, dont plus d'un million d'enfants, ont un accès inadéquat ou précaire à la nourriture en raison de restrictions financières.

Les causes de la source des faibles revenus sont bien connues, ajoute Banque alimentaire Canada. Ces 30 dernières années, des centaines de milliers d'emplois de col bleu bien rémunérés ont été éliminés au Canada, car diverses usines de fabrication se sont installées ailleurs dans le monde, là où les biens peuvent être fabriqués à meilleur marché. Ces emplois sont fort susceptibles d'être remplacés par des postes temporaires, à temps partiel et mal rémunérés. Pour les personnes qui ne possèdent pas les compétences pour décrocher un emploi bien rémunéré, l'accès à l'éducation et à la formation peut être hors de portée. Il est de plus en plus difficile d'avoir accès à l'assurance-emploi et à l'aide sociale, et le maigre revenu que ces programmes procurent permet très difficilement aux familles de s'acheter de la nourriture adéquate et nutritive.

Selon l'organisme les problèmes sont d'une grande complexité et leur résolution ne se résume pas à rafistoler la politique sociale. En fait, ces problèmes nécessitent un investissement réel et une nouvelle manière de penser.

Le rapport donne l'exemple de la tragédie d'Elliot Lake en Ontario. « Quand le centre commercial s'est effondré, bien des emplois à temps partiel ont été perdus. Les prestations d'assurance-emploi sont écoulées dans le temps de le dire ou encore le montant des prestations était minime. Nous avons alors vu une augmentation de 50 % du nombre de personnes ayant accès à la banque alimentaire, soit 150 personnes de plus chaque mois. »

« Elliot Lake est l'exemple parfait des conséquences d'une base industrielle en déclin, de la croissance continue de travail mal rémunéré et de la réduction du programme d'assurance-emploi qui dure depuis une quinzaine d'années. Les banques alimentaire accueillent constamment des familles qui sont incapables de se trouver du travail, dont les ressources financières sont à sec ou qui n'arrivent pas à s'en sortir. »

Les activistes oeuvrant dans les banques alimentaires s'inquiètent du fait que ce qui devait être une mesure temporaire en 1980 subsiste toujours 30 ans plus tard.

Ils mentionnent que : « Chaque année, nous perdons des milliards de dollars à essayer de redresser les séquelles de la pauvreté sur la santé et la société après que la pauvreté a fait ses ravages, plutôt que d'essayer d'éviter ses séquelles en premier lieu. »




Site web:  www.pmlq.qc.ca   Courriel: bureau@pmlq.qc.ca



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