Numéro 48 - 12 décembre 2013



Actualités

L'opposition à la hausse des tarifs
d'électricité prend de l'ampleur

L'annonce d'une demande pour une  nouvelle hausse des tarifs d'électricité de 5,8 % par Hydro-Québec applicable dès 2014 a soulevé la colère de la population. Plusieurs actions ont eu lieu depuis cette annonce et les plus vulnérables sont au premier rang de cette bataille.

Il y a eu des manifestations à Montréal et à Sherbrooke et des campagnes d'affichage, comme à Baie-Comeau sur la Côte-Nord, où les gens sont invités à manifester leur désaccord avec la hausse en apposant une affichette à leur fenêtre et sur les poteaux d'Hydro-Québec dans les quartiers. À l'approche des fêtes, il y a aussi une campagne qui se mène dans plusieurs régions, notamment au Saguenay-Lac-Saint-Jean, pour afficher des « Couronnes contre la hausse » (le cercle de la couronne formant le logo d'Hydro-Québec avec une flèche indiquant la hausse) durant le temps des fêtes pour rappeler que cette hausse entre en vigueur le Jour de l'An.


À Baie-Comeau le 11 décembre, dans le cadre de la campagne organisée par le Regroupement des femmes de la Côte-Nord

Le 3 décembre à 9 heures, plus d'une centaine de personnes parmi les plus vulnérables ont manifesté dans les rues du centre-ville de Montréal pour exiger le retrait de cette hausse. Les manifestants ont fait valoir qu'en tant que société publique, Hydro-Québec doit fournir l'électricité à tout le monde y compris les ménages à faible et modeste revenu.

Le 6 décembre, à l'invitation de la Coalition opposée à la tarification et la privatisation des services publics des dizaines de personnes, ont participé à la première journée des audiences publiques de la Régie de l'énergie.

Les citoyennes et citoyens souhaitent entendre la justification du président d'Hydro-Québec Distribution, Daniel Richard, sur cette importante hausse de tarif qui, si elle est accordée, va démarrer une spirale sans fin. Selon les projections de spécialistes, cela portera à 47,1 % la hausse totale de nos tarifs en 14 ans (de 2004 à 2018), souligne la Coalition.

Alors que les coûts de production des barrages issus de la nationalisation de l'électricité dans les années soixante ne cessent de diminuer, et réussissent à combler la très grande partie des besoins électriques des Québécoises et des Québécois, les tarifs payés par les clientes et clients d'Hydro-Québec continuent, pourtant, d'augmenter et servent désormais de substituts aux revenus fiscaux du gouvernement, tels que l'impôt sur le revenu des particuliers et des sociétés. Comme l'indique Sylvain Lafrenière, co-porte-parole pour la Coalition : « Cette utilisation abusive d'un service public à des fins de financement constitue une forme de taxation déguisée, et se répercute directement sur la facture d'électricité des ménages. »

La Coalition déplore que la société d'État soit devenue le simple instrument d'une politique fiscale profondément inégalitaire. En effet, « les tarifs d'électricité ne doivent pas servir à financer des parcs éoliens alors qu'Hydro-Québec nage dans les surplus d'électricité. Les appels d'offres pour l'éolien sont une décision politique et doivent être financés autrement que par nos tarifs d'électricité », explique M. Lafrenière. « Nous souhaiterions que l'ensemble des activités de la société d'État soient soumises à la Régie de l'énergie et que le gouvernement utilise une fiscalité réellement progressive pour remplir ses coffres plutôt que la tarification d'un service essentiel », souligne Véronique Laflamme, co-porte-parole de la Coalition.

« Cette hausse des tarifs de 5,8 %, applicable dès 2014, s'ajoutera en outre aux tarifications déjà en place qui contribuent à accroître les inégalités, dont la taxe santé et la hausse des frais de scolarité: pourtant le recours à la tarification pour financer les coffres de l'État est inéquitable, car elle n'est pas faite en proportion du revenu », ajoute Mme Laflamme.


Manifestation contre la hausse des tarifs d'Hydro-Québec au parc Émilie-Gamelin à Montréal le 3 décembre 2013

Pour sa part, le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) tient à souligner l'absurdité de la situation. « En ces temps de guignolée, où les citoyens plus fortunés sont invités à donner pour pallier à l'inaction du gouvernement du Québec face aux inégalités sociales, écrit l'organisation dans un communiqué, ce même gouvernement demande à la Régie de l'énergie d'accorder des hausses de tarifs qui auront un impact profond sur la situation financière des personnes vivant dans la précarité. Le gouvernement du Québec a même mis fin au gel du prix du bloc patrimonial d'électricité et la Régie de l'énergie n'a aucun pouvoir sur ce choix politique.»

Le FCPASQ peut déjà prévoir que la guignolée aura encore plus à faire l'an prochain, « puisque la hausse de tarifs d'électricité aura pour effet d'appauvrir considérablement les personnes les plus défavorisées de notre société qui vivent souvent dans des logements mal isolés, par manque de choix. En effet, pour 2014, la facture d'électricité pourrait augmenter de 80 $ par ménage, voire de 100 $ et même de 150 $ pour les locataires dont le logement est mal isolé ou les propriétaires d'une maison. »

« Pourquoi le gouvernement du Québec choisit-il d'augmenter les tarifs d'un service essentiel, tel que l'électricité ? C'est grâce à l'électricité qu'une personne pourra se chauffer, stériliser les biberons, prendre une douche, avoir de la lumière, mais plusieurs ménages ne peuvent pas se payer ce service et avec la hausse prévue, de moins en moins pourront se le payer », déplore Amélie Châteauneuf, porte-parole du FCPASQ.

La porte-parole dénonce le choix du gouvernement: « Les personnes assistées sociales, les personnes âgées qui reçoivent le supplément de revenu garanti et les travailleuses au salaire minimum n'ont pas de marge de manoeuvre dans leur budget. Elles ne peuvent pas couper dans la nourriture: elles souffrent déjà de la faim. » Le FCPASQ demande au gouvernement de renoncer à toute hausse de tarifs qui concerne les services essentiels, comme l'électricité.

Une manifestation s'est également tenue à Sherbrooke le 6 décembre devant les bureaux du ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert.

« On espère que le ministre Hébert va nous entendre et qu'il va défendre notre cause auprès de la première ministre et de son caucus. Hydro-Québec fait des milliards de profits. Seulement au niveau du bloc patrimonial c'est près d'un milliard. C'est injustifié de hausser les tarifs si on pense à la mission d'Hydro-Québec qui est de rendre l'électricité accessible à tout le monde. Elle cherche seulement à hausser ses profits pour équilibrer le budget et payer la dette. Il y a d'autres moyens de faire ça », soutient la porte-parole de la Coalition estrienne opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, Suzanne Thériault.




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