Les conditions des travailleuses et travailleurs
de l'alimentation au coeur des élections
 

La nécessité de s'empouvoirer et
d'une nouvelle direction de l'économie

Depuis les années 1990 à aujourd'hui, les conditions de travail et de vie des travailleuses et travailleurs de l'alimentation, du commerce de gros et de détail, un secteur lié au vaste domaine de l'agroalimentaire, auquel s'ajoute maintenant l'e-commerce, s'est transformé de bien des manières.

En plus des caissiers et des emballeurs, des placeurs, des commis aux paniers, il y a des nouvelles attributions pour les commis boucher, commis boulangerie et décorateurs, qui n'ont plus rien à voir avec les fonctions du passé. À cela s'ajoute le travail des commis préparateurs de prêts à manger, les vérificateurs aux caisses libre-service, les préparateurs de commande (e-commerce), et les livreurs de toutes sortes des « sweatshops du transport et de la livraison ». Les bouchers et les pâtissiers sont reliés à des secteurs dits de « commerces traditionnels ». Tous se joignent à l'armée de l'ensemble des travailleurs et des travailleurs au salaire minimum (ou à peine un peu plus) du Québec et qui sont en réalité des travailleurs pauvres de familles pauvres. Ils sont à temps partiel, temps plein, surnuméraires, saisonniers, avec des blocs horaires/journée de 8 h 30, 6 h 30, 5 h, 4 h, etc. Ils cumulent aussi plusieurs emplois ou sont en emplois/étude. Ils ont tous les âges, 12 ans à 65 ans et plus. Le travail au-delà de « l'âge de 65 ans dit de la retraite » est une nécessité au Canada et au Québec, une réalité en hausse d'année en année pour des raisons « d'insécurité alimentaire et de vie sous le seuil de pauvreté » et ce n'est pas pour se distraire, comme qu'on dit. La distraction, c'est pour les oligarques.

Que ce soit dans les secteurs de l'agroalimentaire ou de l'alimentation et du commerce, et de l'e-commerce, en passant par les petits producteurs agricoles et d'élevage, les travailleurs du transport, des biens et de la livraison, jusqu'aux travailleurs migrants et migrants temporaires, tous sont liés par leur travail et leur contribution au vaste secteur de l'alimentation du peuple.

Au Québec et au Canada, les partis cartellisés au pouvoir, année après année, et à tour de rôle, ont offert sur un plateau d'argent toutes les modifications des lois du travail pour offrir la « versatilité, la mobilité et la flexibilité » afin de satisfaire les demandes des oligopoles, notamment ceux de l'alimentation et du commerce. Maintenant, ce sont les multitudes de travailleurs de tous les secteurs de l'économie qui en sont affectés. Ces partis mettent tous les bâtons dans les roues des travailleurs pour s'organiser et défendre leurs droits ; ils facilitent les fermetures, et ce, sans représaille ni compensation.

Au Canada, le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) en est un autre exemple. Le programme fait venir un ensemble de travailleurs pour les utiliser et les jeter dehors le moment voulu. Ils contribuent à la richesse du pays et du peuple. Pourtant, à cela, s'ajoute la menace pour ces travailleurs migrants temporaires ou de statuts d'immigration temporaires de ne pas avoir accès à la protection lors d'accidents du travail, aux soins de santé, les services sociaux et tous les services requis pour un être humain. De plus, on exige d'eux d'en payer les frais. Les travailleurs sont taxés d'abuseurs du système, leurs demandes sont qualifiées d'extravagantes, d'irréalisables au mieux on pleure sur leur pauvre sort.

Ces oligopoles et oligarques parlent de leurs problèmes de flexibilité, de rétention, de fidélisation, de rendement, de roulement du personnel et de licenciements involontaires, de compétitivité sur les marchés nationaux et internationaux, d'intégration ou non aux États-Unis et de l'Amérique du Nord. Ces partis cartellisés ne remettent pas en doute les préoccupations, les demandes et les besoins des oligopoles et des empires financiers[1].

D'une étude en 2026 de l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS), on apprend que le salaire minimum de 16,60 $ au Québec est qualifié de supérieur au MPC (mesure du panier de consommation). « Ce revenu disponible après impôts et transferts pour une personne seule travaillant à temps plein se situera à 27 647 $. Il s'agit d'un revenu supérieur à la mesure de la MPC de 25 867 $, mais inférieur au revenu viable (41 585 $) pour une personne seule à Montréal. » Le MPC comprend le coût du logement, l'épicerie, le transport et l'habillement ; ce revenu de 27 647 $ est bien en-dessous des besoins réels pour payer un logement, une habitation, pour se nourrir et pour vivre au Québec.

En 2024, près de 75 000 travailleurs étrangers temporaires travaillaient dans les industries de l’agriculture primaire au Canada, et un peu plus de 77 000 travailleurs étrangers temporaires travaillaient dans les industries de la fabrication d’aliments et de boissons[2].

Ces travailleurs et ceux sans travail ont recours aux banques alimentaires et aux secours de toutes sortes et les besoins des organismes de secours sont grandissants parce que les demandes et les besoins du peuple ne sont toujours pas comblés.

Les droits de se nourrir, de se vêtir, de se loger, de s'éduquer, les droits à la santé et la sécurité au travail, et les droits d'avoir accès à la culture et à l'art sont intimement liés au travail et à la richesse que tous les travailleurs produisent à tous les jours et pour toute la société. La réalisation de ces droits, leur affirmation, doivent servir, lors des élections, à faire le bilan et à établir un programme économique et social pour l'avenir afin de fournir une économie qui sert les besoins du peuple et accroît les investissements dans les programmes sociaux.

Ces partis cartels débattent de leurs aptitudes, ils font des pieds et des mains pour satisfaire le bien-être et les demandes des oligarques comme étant celles qui sont favorables et essentielles au bien-être et à l'avenir des travailleurs et du peuple du Québec. Ils bataillent afin d'être les champions du programme économique, social et politique du Québec et accéder au gouvernement pour payer les riches et gérer l'offensive antisociale.

Ensemble, ils rivalisent de débat en débat, de « solution » en « solution », qui accentuent le pillage de la richesse du Québec par le service de la dette et autres manigances comme le Fonds des générations. L'offensive antisociale et les coupures dans tous les services, l'attribution de ces services au privé versus publique vise à détourner la discussion et à intensifier le pillage des fonds du trésor public.

Il ne faut pas s'étonner, et toutefois les bras nous en tombent, que l'on fait appel tout de même aux travailleurs, aux jeunes et moins jeunes, aux familles, aux gens qui habitent la rue, les tentes et les automobiles, en leur demandant d'être enthousiastes et d'aller voter pour des partis cartels qui rivalisent pour la gouvernance et pour payer les riches. Ces « campagnes électorales » sont rejetées. En particulier cette année, elles sont détestées par l'ensemble des travailleurs et du peuple du Québec et tous ensemble nous pourrions scander « Outrage au tribunal ».

L'expression « On ne sait plus à quel saint se vouer » doit faire place à l'empouvoirement du peuple.

Porter nos demandes pour des meilleurs conditions de travail, pour se loger, se nourrir, se vêtir, s'éduquer, pour le droit à la santé, à l'art et la culture, demeure l'essentiel d'un programme politique prosocial et d'un plan économique pour ouvrir la voie au progrès en ces temps d'élection au Québec. C'est le focus avant, pendant et après les élections.

Accroitre les investissements dans les programmes sociaux est une condition essentielle pour vivre et ce n'est pas accessoire. La richesse du Québec est là pour ça. Un moratoire sur la dette est requis. Il faut enquêter et bloquer les détournements de fond et le pillage du trésor public et de la richesse. C'est normal, réalisable et nécessaire.

Le parti marxiste-léniniste du Québec a pour programme un projet d'édification nationale : la nécessité de s'empouvoirer, la nécessité du renouveau démocratique et d'une nouvelle direction de l'économie. Nous appelons à humaniser l'environnement naturel et social. Ce programme demeurera à l'ordre du jour et une nécessité après ces élections. C'est du travail et nous devons le faire.

Votons marxiste-léniniste !

Notes

1. Le secteur de la distribution alimentaire et du commerce de détail aux mains des oligopoles
Alimentation Couche-tard Inc. Metro Inc, Loblaw (George Weston Limited), Sobeys (Empire Company Limited) Walmart et Costco, pour ne nommer que ceux-là, dominent la distribution alimentaire et le commerce de détail. Dans l'ordre, ces entreprises atteignent mondialement des chiffres d'affaires de 71 milliards, 14 milliards, 46 milliards, 32 milliards, 814 milliards et 404 milliards.
Pour le commerce en ligne, ce sont Amazon, Wish, Shein, Temu, Ali/Express qui dominent le marché. Le E-commerce a explosé ces dernières années au Canada et dans le monde, de même que l'utilisation de plateforme numérique et d'outil de paiements numérique.
Le commerce en ligne au Canada devrait atteindre un chiffre d'affaires de 85 milliards en 2026 et 110 milliards en 2028.
Ce secteur de l'agroalimentaire, de la distribution alimentaire et du commerce de gros et de détail, de l'E-commerce sont dominés par des oligopoles qui dominent à eux seuls et concentrent toute la distribution des biens. Des plate-formes numériques d'achat et de transport font aussi partie de tout cet immense système de production, de transformation et de distribution.
2. Tableau provenant du site agriculture.canada.ca sur la main-d'oeuvre de travailleurs étrangers temporaires en 2024 dans le secteur agricole agroalimentaire.