Numéro 10 ·

Sommaire
  1. À vous la parole!
  2. Un membre dans Saint-Laurent
  3. Un membre dans l'Estrie
  4. Un membre à Sherbrooke
  5. Une activiste du Centre-Sud de Montréal
  6. Un supporteur à Ste-Rose
  7. Un membre à Montréal
  8. Une membre à Montréal
  9. Une membre à Hull

Résultat de l'élection du 5 octobre

À vous la parole!

Chantier politique offre son espace pour poursuivre la discussion sur les résultats de l'élection. Continuez d'envoyer vos commentaires et opinions car cela aide à garder l'initiative dans les mains du peuple et à combattre la pression que « maintenant que l'élection est finie, attendons voir ce que le gouvernement va faire ». On nous a dit que l'élection était l'occasion « de donner la voix au peuple », mais durant la campagne il a été obligé de se battre pour faire connaître ses réclamations. Écrivez-nous à [email protected].


C'est mon baptême de feu ce soir... c'est ma première élection en tant que membre du PMLQ et je vous fais part de mes réflexions et réactions concernant la campagne électorale, et notamment les actions mises de l'avant par le PMLQ :

- Quel fut mon plaisir à participer aux actions de porte à porte dans la circonscription de Saint-Laurent... j'ai eu l'occasion de mieux connaître les stratégies de communication avec les citoyens et notamment l'approche de vulgarisation des enjeux et de la plateforme du PMLQ. Ce fut impressionnant de constater que beaucoup parmi les citoyennes et citoyens rencontrés ont été réceptifs et réactifs, et ce, malgré le cynisme des électrices et électeurs qui se disent désabusées par les gouvernements qui se sont succédés durant des décennies.

- Les tables rondes organisées à l'année longue et pendant la campagne électorale ont été très bénéfiques, notamment pour des nouveaux venus au sein du parti (comme mon cas) et pour toutes et tous les camarades... Et de la discussion et du choc des idées jaillit la lumière ...

- Les publications, que ce soit les Chantiers politique ou les slogans sur le compte FB du parti m'ont beaucoup aidé à mieux saisir les vrais enjeux que les partis cartellisés ont sciemment ignorés, comme la modernisation du mode de scrutin, les luttes quotidiennes des travailleurs dans le domaine de la santé, de l'éducation, du camionnage, de l'agro-alimentaire et la distribution, des organismes communautaires.... les enjeux de la population issue de l'immigration... la lutte des agriculteurs québécois et ontariens contre le projet de TGV... la situation en Palestine, à Cuba ... le droit syndical et les complots qui se montent d'un gouvernement à un autre contre les droits acquis par des luttes générationnelles... et je peux continuer des heures à citer les enjeux mis de l'avant par le PMLQ et totalement ignorés par les partis bourgeois et petits bourgeois réformistes....

Alors que les autres partis assomment la population par leurs promesses mensongères et leurs affirmations ancrées dans le mépris, la misogynie et le racisme, le PMLQ avec ses publications empreintes de clarté et de sincérité, arrive à convaincre plusieurs, sans que cela ne se traduise ultimement par des votes.

- Les assemblées populaires ont permis aux candidates et candidats de mettre de l'avant leur vision quant à la situation dans les diverses circonscriptions.

- Les interventions des candidates et candidats aux médias ont été imprégnées de clarté, de concision et de beaucoup de pédagogie... je cite à titre d'exemple l'intervention de Christine auprès de MAS MEDIA Qc; en 6 minutes et 51 secondes, elle a pu résumer la plateforme du parti , les préoccupations des citoyens de sa circonscription, ainsi que les grands enjeux. J'ai publié cet extrait sur FB et j'ai eu des réactions de compatriotes, en ligne ou de vive voix qui ont qualifié l'intervention d'impressionnante. Aussi, l'intervention de Fernand Deschamps à Sada On line fut très complète... celle de la radio également... J'ai suivi celles des autres candidats et candidates et elles étaient très pertinentes...

- Enfin, je conclue avec cette proposition ... En plus des tables rondes qui représentent une opportunité privilégiée dans la formation continue et l'éducation politique, il serait utile qu'on mette sur pied une sorte de réseau interne strictement privé aux militantes et militants du parti qui servira à des échanges fructueux, à l'image des réseaux INTRANET d'organismes gouvernementaux ... et je ne doute pas du fait que cela nécessite davantage de travail pour les dirigeantes et dirigeants du parti.


L'élection ne résout aucun des problèmes auxquels le peuple fait face. Le PQ ne fera pas certaines attaques de la même façon que la CAQ et les libéraux auraient faites. Il est confronté à une question : il a demandé au peuple de lui faire confiance. Il faut qu'il s'adresse à certaines questions que le peuple soulève de plus en plus vigoureusement. Le PQ parle du problème de logement dans les grandes villes. Le logement dans les grandes villes, c'est le marché des grands promoteurs immobiliers, ce que le FRAPRU a confronté. Québec, Sherbrooke, même chose. Il y a énormément de logements en construction, des blocs modernes, pas abordables par ici.

Il va être confronté aux oligarques de l'immobilier. Il va aussi avoir à traiter avec les centrales de la construction. Dans les années 70, c'était l'accès au logement dans des maisons mobiles, qui étaient des terres agricoles, puis il y a eu les bungalows. De plus en plus, ce sont des blocs appartements. C'est l'expansion de la ville au détriment de l'agriculture et de l'élevage, en partant comme point de départ l'accès à la propriété pour la classe moyenne. C'est ce que prône le Parti conservateur.


La situation à laquelle est confronté le peuple québécois et en général le Canada, est très critique dans le sens que la militarisation de l'économie et les risques d'engagement militaire et autres à travers le monde, la crise de l'énergie, c'est un point tournant. Et à part notre parti, toute la démarche, quel que soit le parti cartellisé, est en train de nous entrainer là-dedans. Je trouve cela particulier. En même temps, tu as tout le mouvement populaire en action. Toute cette question de développer le Québec, ouvrir le nouveau marché, etc. est tout le temps dans le cadre de la militarisation. Les énergies fossiles versus les énergies propres pour faire des bombes. Toute cette question qui revient à la surface avec les gaz de schiste qui visent le marché européen et le marché asiatique est là, mais tout le temps dans le cadre du réarmement de l'Europe etc.

Maintenant que c'est le PQ qui formera le gouvernement, dans toute cette situation, va-il arrêter cette militarisation ? Va-t-il s'assurer que les ressources du Québec servent d'abord les besoins civils du peuple ? Carney a dit à son élection qu'il y avait un marché de 800 milliards $ dans le réarmement de l'Europe. Il a dit qu'il faut développer la défense à ce moment-là pour pénétrer ce marché. Il y a eu la question des avions suédois, à condition qu'ils soient construits ici, en collaboration avec Bombardier et autres. C'est pourquoi le PLC parle des matières premières (mines, agricultures, la forêt, aviation et IA).

Si on veut changer la direction de l'économie, il faut s'attaquer à ces questions. Idem pour un gouvernement antiguerre. Oui, ils vont payer des bons salaires dans l'industrie militaire, mais on va acheter notre nourriture et nos biens essentiels de qui ? On a aucune autonomie, que ce soit le Canada ou le Québec. Et le train Alto, pourquoi si cela sert à rien, pourquoi le construise-t-il ? Si on regarde les arrêts prévus du train, il y a entre autres à Mirabel qui a une expansion militaire et civile... Ce n'est pas tant le train lui-même, mais les plans de l'économie, les points clés de l'industrie. Le trajet qu'il suit sert à qui ? Même les riches ne prendront pas le train ! Aussi, les câbles de distribution d'électricité vont passer par ces mêmes voies des trains à haute vitesse.

À Sherbrooke, la ville a accordé la vente de terrain pour la compagnie qui va établir un centre de données, à huit clos. C'est toute cette orientation qu'ils donnent à l'économie actuelle. Selon les partis cartellisés dans leur débat des chefs, le Québec ne dispose pas des ressources pour développer le bien-être de son peuple, en même temps ils font des sommets avec les politiciens et les oligarques ou des centaines de milliards de dollars sont donnés aux oligarques... Dans quoi ? Les armements. C'est cela qui bloque... L'élection passe complètement à côté de cela. Les seuls qui parlent de changer la direction de l'économie c'est nous. Et, d'une manière très restreinte, occasionnellement d'autres.

Les batailles au Québec montrent qu'il y a une résistance à la dégradation des conditions de vie et aux projets des oligarques, une résistance objective, demandant des conditions dignes d'un être humain. La conscience n'est pas au niveau de la lutte politique mais cette résistance a quand même débarqué la CAQ de façon percutante. Personne n'est capable d'écraser notre argumentaire. Cela va prendre une période avant que les gens de conscience partent au combat non pas à partir des plans de l'ennemi, mais sur la base de leur propre réflexion. C'est inévitable.


L'un des aspects les plus positifs de cette élection a été la montée d'un mouvement d'organisations populaires qui ont fait valoir leurs revendications et exigé que les candidates, les candidats et les partis prennent clairement position sur chacune des questions soulevées. Communautaire à boutte et d'autres organisations ont refusé de se contenter des promesses électorales. Elles ont informé et mobilisé leurs collègues, leurs membres, les personnes qui utilisent leurs services et leurs communautés afin qu'elles puissent prendre la parole en leur propre nom.

Leurs revendications sont ancrées dans les réalités auxquelles les gens font face chaque jour. Elles ne sont pas apparues uniquement pendant la campagne électorale et elles ne disparaîtront pas avec elle. Année après année, ces organisations ont présenté au gouvernement en place des faits, des chiffres, des mémoires et des revendications concrètes, et elles ont poursuivi ce travail tout au long de la période électorale.

C'est le peuple qui tient la société à bout de bras. Chaque coupure en éducation ou en santé signifie davantage de difficultés et une pression accrue sur les communautés et les travailleuses et travailleurs qui interviennent pour colmater les brèches. Leur résistance fait avancer la société en exigeant que les besoins et les droits des gens soient reconnus.

Face à l'arrogance des partis cartellisés – « Nous vous écoutons. Nous savons ce qui est le mieux. Votez pour nous et nous vous livrerons notre liste de promesses » – ce mouvement affirme quelque chose de très différent : les gens savent de quoi ils ont besoin et ils ont des solutions aux problèmes auxquels nous faisons face.

Ils prennent la parole en leur propre nom face à ce spectacle qu'on appelle la démocratie, et ils continueront de le faire.


La Coalition avenir Québec, la notion d'une « troisième voie » que Christine Fréchette persiste à défendre, est arrivée au pouvoir avec la prétention d'en finir avec « les vieux partis ». Cette expérience est maintenant complètement rejetée, puisqu'elle a gouverné de la même manière que les « vieux partis » et même pire pour ce qui est d'écarter les travailleurs et le peuple des prises de décision. Cela se passe dans des conditions où depuis les années 1990 le peuple réclame son droit de décider en opposition au système électoral et politique.

Beaucoup de jeunes, comme ceux qui parlent sur les sites de Oui Québec et ceux qui tiennent des podcasts de toutes sortes, ont exprimé que leur soutien à la notion d'indépendance, de référendum ou de souveraineté du Québec a à voir avec un désir d'avoir un contrôle sur nos vies. L'arrivée de Carney avec son intégration agressive du Québec aux préparatifs de guerre et au programme de braderie sous prétexte de « diversification », n'ont fait qu'accentuer ce désir.

Pour ce qui est de la vague conservatrice dans la région de Québec, c'est la séduction de la prétention d'être « plus proche du monde ordinaire » – encore un rejet du système et des institutions en place.

Tout cela prouve ce que le PMLQ dit, que la solution est que les travailleurs et le peuple parlent en leur propre nom.


Dans cette élection, la fragmentation du cartel des partis en cinq « principaux partis » (appellation officieuse qui vient avec plein de privilèges) est sans précédent. Ils sont déclarés « principaux » et les médias ont même admis en fin de campagne qu'il y a eu un effort concerté pour leur donner une « égalité » de couverture. En effet, le peuple ayant rejeté le système en place, on lui a propose un « choix multiple » – il y en a pour tous les goûts et tous les genres, vous n'avez qu'à choisir celui qui s'approche le plus de vos idées. À la fin, même avec un gouvernement minoritaire, les élites au pouvoir s'arrangent pour imposer le programme des riches. C'est bien que tous les chefs de parti aient promis de « travailler ensemble », mais ça veut dire quoi ? Et le peuple là dedans ! ? Ce qui est sûr, c'est que le peuple doit continuer d'exiger que ses demandes soient satisfaites, pas mises de côté au nom de l'unité des riches.


La participation du peuple dans l'élection montre qu'il rejette le fait d'être écarté du pouvoir, voire de lui faire oublier toute notion de s'investir lui-même du pouvoir de décider, toute notion d'un processus modernisé qui répond aux besoins de notre époque où aucun des grands problèmes de l'heure ne peut être résolu sans la participation du peuple comme décideur. Bravo !


Les commentateurs n'ont cessé de souligner que le PQ n'avait obtenu « que » 28 % des voix, tout en passant pratiquement sous silence le fait que la CAQ a été complètement balayée (un commentateur, pour minimiser l'importance de la défaite de la CAQ, a présenté les choses ainsi : il a déclaré que Mme Frechette avait perdu son siège, en passant sous silence le fait que tous ses misérables ministres et députés, ainsi que ce qu'ils représentent, ont subi le même sort !). Or, lorsque Doug Ford a réussi à former un gouvernement majoritaire en Ontario avec 28 % des voix, les commentateurs ont salué cela comme une « victoire éclatante ».

Nous devons tous ensemble discuter de la portée des résultats de cette élection et ne pas tomber dans les pièges tendus pour empêcher toute discussion. L'une de ces stratégies consiste à qualifier le PQ de « parti séparatiste », ce qui est un moyen d'éviter d'analyser ce qu'il défend réellement et ce qu'il compte faire, et de s'assurer que le débat se déroule dans l'arène de l'opinion publique afin de déterminer ce que les gens veulent et ce dont ils ont besoin, ainsi que ce qui peut être fait pour changer le cap de l'économie et prospérer en s'appuyant sur nos propres ressources humaines et naturelles, sans trahir nos valeurs !